« Non datée » [source : BnF, Mss, NAF 16324, f. 124-125], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11224, page consultée le 04 mai 2026.
Dimanche soir, 8 h
[6 septembre 1835]
Vous voyez bien que vous n’êtes pas revenu, méchant goistapiou que vous êtes. Hé bien, je ne suis pas méchante du tout, je ne
suis que triste comme un pauvre chien perdu. Je m’en vais me coucher à cause de mon
oppression. Libre à vous de
vous moquera d’elle, mais
ce qu’il y a de très certain, c’est qu’il faudra bien qu’un jour ou l’autre, elle
ou
moi, nous quittions la partie. Je viens de lire les lettres de Boieldieub, elles m’ont assez pluc à cause de leur excessive simplicité. Il
me semble que cet homme devait être bon et honnête1.
Mon cher petit homme, j’aurais bien désiré pouvoir aller avec vous
aujourd’hui partout où vous êtes allé, et surtout sur les tours de Votre-Dame où vous avez été regarderd tous les points de vues que les
bourgeoises et les grisettes de Paris offrent, de préférence le dimanche, aux amateurs
comme vous. Toto, Toto, vous vous ferez faire un mauvais parti, car si jamais je descends de mon caractère, ce ne sera pas pour peu. Je vous
chatouilleraise le caurp d’une soignée de coups de trique qui ne sera pas indifférente.
En attendant
cette juste correction, je vous prie de croire, mon cher petit Toto, que je vous aime
plus que de toutes les forces de mon âme et que je vous baise plus que vous n’avez
de
bouche, d’yeux, d’oreilles, de cheveux, de bras, de caurp, de …, pieds, etc.
Juju
1 Boieldieu (François-Adrien) (Rouen, 1775 - Varenne-Jarcy, 1834) est un compositeur français. Deux lettres de Boieldieu à Berton furent reproduites en fac-similé dans La Gazette Musicale de Paris du dimanche 6 septembre 1835, consacrée à Méhul et à Boieldieu. Sa lettre a donc été écrite le dimanche 6 septembre 1835.
a « vous vous moquez ».
b « Boyeldieu ».
c « plues ».
d « regardé ».
e « chatouillerai ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle regrette de ne pas jouer le rôle de la courtisane Tisbe, où elle se reconnaît, dans Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, mais se voit célébrée dans plusieurs poèmes du recueil Les Chants du crépuscule.
- 28 avrilPremière d’Angelo tyran de Padoue.
- 25 juillet-22 aoûtVoyage avec Hugo en Normandie et en Picardie.
- 9 septembre-13 octobreTandis que Hugo séjourne aux Roches, chez les Bertin (du 10 septembre au 12 octobre), Juliette habite encore la petite maison des Metz.
- 17 octobreLes Chants du crépuscule.
- 15 novembreNaissance de (Jean-)Louis et Michel-Ernest Koch, neveux de Juliette Drouet.
